Chroniques 4

Stardew Valley : lorsque l’apprenti dépasse le maître

Le 26 février dernier arrivait sur la plateforme Steam le jeu de gestion fermière Stardew Valley. Développé par ConcernedApe et publié chez Chucklefish Games, son apparence simpliste n’annonçait pas du tout une réussite de ventes aussi importante, avec 400 000 copies vendues suivant les deux premières semaines de sortie. Après avoir acquis le jeu moi-même, je peux témoigner des raisons évidentes du succès de ce titre incontournable. Incontournable, oui! Il y avait longtemps que je n’avais pas touché à un indie aussi gratifiant.

Dans Stardew Valley, vous reconnaîtrez immédiatement le concept des Harvest Moon de Marvelous (ancien éditeur américain Natsume). Pour faire simple, vous héritez d’une ferme et vous voilà à remettre sur pied un lieu délabré tout en socialisant avec des villageois qui pourront devenir des amis et éventuellement tomber amoureux et fonder une famille. Vous pourrez personnaliser votre personnage et vous lancer dans une aventure fermière joyeuse et facile à maîtriser. Mais, pourquoi un si grand succès alors que ce concept semble suranné, voire même clairement emprunté?

sv02Là où je pense que Stardew Valley se démarque, c’est dans sa façon de maîtriser le genre mieux que Marvelous l’a fait ces dernières années! Ne le cachons pas. Le créneau de Marvelous était d’offrir des jeux de gestion fermière dans un principe simple et joyeux. L’engouement pour ce type de jeux vidéo a rejoint un vaste public à l’époque qui n’a cessé de croître. Mais, depuis que Marvelous s’est dissocié de Natsume pour se joindre à XSEED (2015), les derniers titres offerts sont restés un peu dans l’ombre et ont obtenu des critiques mitigées, démontrant, avec tristesse, que Marvelous a perdu sa main de maître et qu’elle s’est éloignée de son objectif.

L’essor de développeurs indépendants est désormais un enjeu incontournable pour des développeurs déjà établis. Et pas étonnant que ces nouveaux visages s’inspirent des grands classiques en tirant le meilleur de ceux-là pour mettre en évidence leur propre vision. Stardew Valley est exactement l’exemple parfait de cette situation. Alors que sur le marché il ne se trouve plus de Harvest Moon aussi satisfaisants et précieux que par le passé, ce nouveau jeu s’empare du marché et met la main sur des consommateurs laissés pour compte. On ne peut pas le nier. Depuis Harvest Monn Back to Nature (1999), la série s’était beaucoup essoufflée et il n’y avait aucun titre qui lui était arrivé à la cheville depuis tout ce temps.

Il faut aussi souligner l’ingéniosité de Stardew Valley qui démontre bien qu’il n’est pas nécessaire d’avoir des graphiques à tout casser pour offrir une expérience de jeu unique et satisfaisante. Avec des graphiques qui nous rappellent la SNES, ConcernedApe a réalisé un tour de génie avec des contrôles qui facilitent les récoltes, les soins aux animaux, les échanges entre les villageois, ce que Marvelous aurait dû maîtrisé depuis toutes ces années, mais qui était malgré tout laborieux pour le joueur en termes de rythme. Même au niveau du scénario, Stardew Valley rivalise avec ses compétiteurs en instaurant des éléments narratifs classiques mais à la fois novateur. Même si les personnages sont plus typés et occidentaux que ceux présentés dans les Harvest Moon, la dynamique du village est plus fluide et vivante que ce que j’ai déjà connue des jeux de Marvelous.

Voici donc les points forts et les points faibles à retenir de mon expérience.

Points forts
-Retour aux sources du concept de jeux de gestion fermière.
-Mécaniques de gestion de la ferme ingénieuses.
-Intrigue originale qui ajoutent à la dynamique du village.
-Prix extrêmement abordable.

Points faibles
-Style manga japonais absent.

sv03Définitivement, le public attendait depuis longtemps un jeu qui allait combler un vide laissé par des compagnies qui ont perdu leurs objectifs de vue et qui sont allés de désappointements en désappointements. Notamment, Harvest Moon Seeds of Memories, qui a reçu de décevantes critiques, a déplu pour son environnement peu exploité et son scénario désuet et en surface. En souhaitant sincèrement que Stardew Valley ait volé assez de clientèle pour donner une bonne leçon aux pères fondateurs du genre afin que ceux-ci se reprennent et reviennent à leur table de réflexion concernant la direction qu’ils voudront donner aux Harvest Moon et Story of Seasons futurs. En attendant, je compte bien m’amuser des heures entières avec Stardew Valley que j’ai obtenu pour 15.00$ sur Steam, alors que Marvelous m’aurait vendu un jeu moitié-moins bon pour 49.95$ sur la Nintendo 3DS.

Merci de votre intérêt,
enson8502

 

edit : Merci à mon amie Karine pour quelques petites corrections.

4 Comments

  • Deadbra_Ann
    17 Mar 2016

    Super article!!! et je suis totalement en accord avec toi sur le sujet!!! 🙂 Merci!

    • enson8502
      17 Mar 2016

      Merci beaucoup, c’est très apprécié!

  • LeFantasque
    18 Mar 2016

    « Points faibles
    -Style manga japonais absent. »
    Pour certains, ça serait plutôt un point fort. 😉
    Superbe article encore une fois, mon cher!

    • enson8502
      18 Mar 2016

      Merci mon ami, je l’apprécie tellement! 🙂