Critiques

Critique du jeu Resident Evil VII

Les premières images et vidéos qui ont été révélées sur Resident Evil VII avaient laissé plusieurs questions sur la série. S’éloignant drastiquement du style de jeu d’action pour revenir au genre survivor qui avait fait connaître la série, d’autres éléments divisaient les fans. La vue à la première personne et l’absence de liens précis et directs avec les opus précédents en étaient les premiers exemples. Pour ou contre, ces choix faits sous la direction de Koshi Nakaishi chez Capcom n’ont laissé personne indifférent jusqu’à la sortie récente du jeu en magasin, ce 24 janvier dernier.

L’histoire introduit un nouveau personnage inconnu à la série jusqu’ici. Ethan Winters est un jeune homme à la recherche de son épouse Mia disparue il y a trois ans. Ayant reçu un message vidéo où elle est bien en vie, ses recherches aboutissent enfin à un manoir quelque part dans les bayous de la Louisiane. Alors qu’il infiltre l’immense domicile, il apprendra que la disparition de Mia est liée à des créatures qui surpassent la logique et la science. Poursuivi sans relâche dans le manoir par ses occupants, son ultime but est de déjouer les pièces piégées pour sauver Mia et prendre la fuite avec elle.

Les premiers contacts avec Resident Evil VII sont percutants. Les scènes initiales démontrant une violence d’une horreur particulièrement cinglante restent gravées dans la mémoire et installent l’ambiance décadente qui régnera pendant les huit heures de la partie. Et durant ces longues heures, le joueur n’est jamais en sécurité. Incapable de reprendre son souffle, il faut sans cesse se cacher ou défier les occupants du manoir qui, à tour de rôle au fil des chapitres, tenteront de mettre la main sur Ethan pour lui faire la peau. En ce sens, ce jeu m’a rappelé énormément Haunting Ground (2005, Capcom) où la protagoniste devait constamment fuir ses poursuivants et trouver des moyens de se cacher et de leur nuire. Ainsi, le joueur doit toujours être à l’affût, gérer intelligemment son inventaire et être prêt à faire face à de longs moments d’angoisse qui épousent parfaitement le cadre que les fans aiment tant dans la série.

En ce sens, ce septième chapitre se rallient beaucoup au premier Resident Evil avec son lieu unique (le manoir) et le mystère qui entoure les personnages et les événements. Pourtant, dans le cœur même de son intrigue, Resident Evil VII me semble plus étranger à toute l’histoire globale de la série que Resident Evil Survivor (2000) ou Resident Evil Dead Aim (2003) l’ont été à leur tour jadis. Comme eux, Resident Evil VII évince complètement les thèmes phares de son univers et ses personnages principaux. Une brève apparition d’un visage connu dans les dernières secondes du jeu viendra le faire coller à l’histoire de justesse. Mais cela ne permet pas à ce septième opus de s’élever convenablement dans la chronologie de l’univers du jeu. C’est un peu comme s’il y avait un nouveau livre Harry Potter mais qu’on ne parle jamais de lui, ni de Poudlard, ni de Voldemort, mais que les personnages utilisent quand même la magie. Où sont les éléments majeurs de la série?

Même si cet élément narratif est probablement le plus décevant de mon point de vue, je considère Resident Evil VII comme le jeu d’horreur par excellence. Il y a dans ce jeu des scènes d’un glauque profond et incomparable qui fait honneur à la série toute entière. Oui, la vue à la première personne ajoute de l’intensité à la situation et augmente l’effet d’urgence. Et si l’ambiance est très bien réussie avec les angles de vue et la musique, l’ingéniosité des puzzles et leur originalité sert merveilleusement le scénario. J’ai aussi beaucoup apprécié l’opportunité que le joueur a de prendre le contrôle occasionnellement d’autres personnages lors de flash-back, par exemple, une belle manière de construire le mystère et de dévoiler au gré du jeu des segments qui permettront, au final, de comprendre ce qui a mené à la disparition de Mia, entre autres.

En terminant, Resident Evil VII est un incontournable pour les fans de la série, même s’il leur paraîtra être un spin-off plus qu’un chapitre intégrant fidèlement la chronologie des événements de l’univers du jeu. Malgré l’impression initiale qu’on a collé le titre de Resident Evil à ce jeu pour le faire connaître et le faire vendre, on aurait tort de nier ses fondements qui puisent dans l’âme de la série d’horreur d’une main de maître. Ce septième chapitre vous fera vivre des émotions à tout casser, que ce soit de la peur violente ou un abjecte dégoût au gré des scènes qui transpirent un malaise et de l’épouvante sans fin. Alors, allez-y. Fermez les lumières, montez le volume et plongez dans une histoire sordide, macabre et terrifiante.

Merci de votre intérêt,
Pierre-Luc Grenier.

Extrêmement recommandé!

Bien qu'il donne l'impression de dévier de l'univers original de Resident Evil, ce septième opus démontre des prouesses dans le genre horreur qui le rallie à la genèse de la série.

8.4
Histoire:
8.5
Présentation:
9
Jouabilité:
8
Durée de vie:
8