Critiques 2

Critique du jeux Paper Mario Color Splash

Développé chez Intelligent Systems et publié par Nintendo, Paper Mario Color Splash arrive sur les tablettes durant le long week-end de l’Action de Grâce. Ce jeu, qui a été fait sous la direction de Naohiko Aoyama et Taro Kudo, avait été annoncé lors d’un Nintendo Direct en mars 2016. Un accueil froid et dur de la part des fans de la série Paper Mario suite à la présentation avait même mené à une pétition pour faire abandonner le projet, accusant l’absence de nombreux éléments qui avaient fait le succès de The Thousand Year Door en 2004, notamment le système de combat à la sauce RPG que Nintendo souhaite désormais réserver exclusivement à sa série Mario & Luigi, selon Risa Tabata, l’assistant producteur du jeu. Effectivement, ce changement de cap qui s’est effectué graduellement au fil des Paper Mario sur différentes consoles, a profondément surpris les fans. Malgré cela, Color Splash offre une expérience de jeu très divertissante qu’il faut considérer au-delà de la nostalgie des joueurs.

Le jeu s’ouvre sur une histoire simple, à l’image des scénarios de la série. La Princesse Peach a reçu une missive : un toad vidé de sa couleur et plié en forme de carte postale l’invite à rejoindre Prisma Island afin de découvrir la source du mal qui a osé aspiré l’essence coloré de ce petit personnage inoffensif. Embarquée avec Mario sur la mer, la Princesse rejoint la fameuse île reconnue pour sa fontaine multicolore donnant vie à tout ce qui s’y trouve. Sur place, l’endroit est désert et décoloré. Un drame dont on ignore la source a visiblement eu lieu. Il n’en tient qu’à Mario, le légendaire héros, de partir à la découverte d’une réponse. Il se fera aider dans son aventure par Huey, l’esprit en forme de canne de peinture qui habite dans la fontaine multicolore maintenant drainée de sa précieuse peinture magique. Grâce à son nouvel ami, Mario pourra récolter de la peinture dans une réserve et repeindre en entier Prisma Island et la sauver du mal qu’un mystérieux ennemi tente de lui faire.

Voyageant à partir d’une carte qui affiche de nouvelles zones à explorer à mesure qu’on en termine quelques-unes, le but ultime est de visiter chacune d’elles pour y chercher une étoile de couleur qui servira à réanimer la fontaine multicolore. Chaque lieu connaîtra sa petite aventure unique avec ses personnages et leur scénario, ce qui insufflera un peu de vie à l’aventure principale qui recopie un schéma auquel Nintendo nous a habitué. L’exploration en tant que tel est très distrayante. Si chacune des zones possède ses propres particularités, on retrouvera quelques casse-têtes liés à l’environnement qui, une fois résolus, permettront de vous aventurer dans des lieux secrets et de mettre la main sur des étoiles bien cachées au milieu de décors inventifs et particulièrement jolis.

L’exploration amène, bien entendu, à la rencontre d’ennemis. Comme mentionné plus tôt, depuis quelques titres de la même série déjà, le plan conventionnel du RPG a été tassé au profit de système de combat ludique qui met en avant les capacités de la console. Donc, qui dit Wii U dit système de combat ayant puisé dans tout ce que le gamepad peut offrir. Dans Color Splash, Mario doit récolter des cartes sur lesquelles sont inscrites des attaques. Ce système est très similaire à Sticker Star (2012). Seulement cette fois, récolter les cartes n’est pas suffisant. Pour profiter au maximum de la puissance d’un coup de marteau ou d’un saut sur l’ennemi, il faut dépenser de la peinture de la réserve pour colorer les cartes. Ensuite, lorsque cela est fait, on doit faire glisser la carte d’un mouvement de doigt du gamepad vers l’écran pour que son effet s’enclenche.

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Le rythme des combats est totalement différent de ce à quoi on nous a habitués par le passé. Le choix des cartes lorsque Mario affronte un ennemi devient l’élément le plus crucial. On ne cherche pas à produire une quantité de dommage mais on cherche plutôt à agencer les attaques de manière à être le plus efficace possible, ce qui tient davantage de la stratégie que de la force du personnage. Aussi, vous ne trouverez pas dans Color Splash un système de niveaux. Mario n’accumule pas de points d’expérience et au fil des combats c’est sa réserve de peinture qui augmente plutôt que la force de ses coups. L’absence également de compagnons durant les combats rejette à nouveau les concepts conventionnels du RPG. En tant que tel, les affrontements sont plaisants. On paie parfois durement si on a mal choisi la carte à jouer, ce qui met vraiment l’accent sur la bonne gestion de l’inventaire des cartes.

On ne retrouve pas non plus de l’équipement ou un système de badges pour donner à Mario des habiletés et des aptitudes spéciales, comme on l’a souvent vu par le passé. La jouabilité a été épurée à son maximum pour laisser aux joueurs tout le loisir de l’exploration et de se concentrer sur la gestion de sa réserve de peinture qui devra être réfléchie au fil des différents lieux qu’il faudra repeindre. Cet élément ajoute un défi considérable lorsqu’on se rend compte du nombre de blancs à remplir dans les différentes zones. Au gré du scénario, il faudra parfois abandonner la quête principale pour revisiter des lieux et compléter la peinture à faire. Ce qui repositionne le concept de Paper Mario en soit. On y retrouve souvent des éléments de jeu de plate-forme.

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Et malgré tous ces changements qu’on croirait déplaisants à l’expérience générale, Paper Mario Color Splash est une aventure remplie d’un charme unique et retrouver les personnages principaux avec la touche d’humour qu’on aime tant de cette série est un véritable plaisir qui désamorce n’importe quel aspect négatif qu’on lui prêterait. Il y a une fraîcheur très agréable qui s’en dégage et la prise en main rapide en fait le parfait jeu d’un week-end pluvieux. On retrouve beaucoup de satisfaction à recolorer les lieux et retrouver les étoiles pour compléter les zones d’exploration à 100%. De plus, la lumière du jeu, les couleurs et la musique toujours impeccable créent une esthétique tout à fait complémentaire et certainement attrayante pour n’importe quel propriétaire d’une Wii U qui se respecte.

Ainsi, Color Splash est accessible à un grand éventail de personnes avec une jouabilité et un concept qui sont simplifiés et cela est tout à son honneur. Bien qu’en début de partie on a l’impression que les combats ont été faits pour des enfants en bas âge, les défis se corsent et on se laisse prendre dans l’univers ludique et les défis qui se présentent sous d’autres formes. Beaucoup d’éléments tirés du RPG manquent à l’appel, ce qui ajoute à la déception pour les joueurs qui voudront le comparer à ses prédécesseurs. Certes, Color Splash ne marque pas autant que The Thousand Year Door, mais il accompli très bien son mandat en apportant du divertissement et sa part de challenge. Nintendo offre à sa clientèle un jeu avec un excellent rapport qualité-prix. Ce n’est pas parce qu’on n’y retrouve pas ce que les fans voulaient y voir que ce n’est pas un bon jeu. La qualité réputée des jeux de Mario s’y trouve et en fait un achat indispensable pour n’importe quel joueur capable d’ouvrir ses horizons et de voir où Color Splash essaie d’innover.

Merci de votre intérêt,
Pierre-Luc Grenier

Très recommandé

Paper Mario Color Splash, malgré ses détracteurs, innove à sa façon et rempli pleinement son mandat qui est de vous divertir.

8
Histoire:
7
Présentation:
9
Jouabilité:
8.5
Durée de vie:
7.5

2 Comments

  • Deadbra_Ann
    18 Oct 2016

    J’adore trop ce jeu! Je suis du même avis que toi pour la note! Merci pour ce bel article!