Chroniques

J’avais vingt ans

Il s’est passé tellement de choses du côté de Final Fantasy XV cette dernière semaine. Beaucoup de mouvements de la part d’un titre dans lequel j’avais perdu toute notion de temps et d’attente. Même de l’espoir. J’avais vingt ans la première fois qu’il en ont parlé. J’avais vingt ans, comme la chanson d’Aznavour. C’était en 2006. Il y avait ce gros projet novateur du côté de Square Enix, un lointain terme maintenant ; Fabula Nova Crystallis, une légende, un point central qui allait donner un souffle nouveau aux jeux Final Fantasy.

Il s’en ai produit des événements depuis. De l’eau a coulé sous les ponts. Beaucoup d’eau. Ce jeu qui devait faire partie du projet relié à Final Fantasy XIII sous le titre Versus, s’est vu repoussé puis repoussé jusqu’à finalement, changer de génération de console et mériter la place du quinzième Final Fantasy. Nous voilà, dix ans plus tard. J’ai bientôt trente-et-un ans. Je me console en me disant que j’aurai vécu assez longtemps pour le jouer ce foutu jeu. J’étais en colère. J’avais trop patienté, j’étais désillusionné. Est-ce que ce qui allait en résulter serait un Final Fantasy, au moins? Ne l’avait-il pas trop dénaturé?

Puis, une date de sortie a été annoncée. Le 30 septembre 2016. J’ai presque éclaté de rire. Nerveusement. C’était un poisson d’avril, non? Puis une démo pour confirmer tout ça avec une possibilité de pré commander. Là, je n’avais pas vraiment le choix d’y croire. Il y a aussi l’annonce d’un film CGI à venir et j’ai pu me lancer dans le premier épisode de la mini-série animée qui est sortie cette semaine. Bref, là où il y avait le désert, c’est maintenant une jungle. Une belle jungle, pleine de promesses, d’abondances et de surprises qui m’ont forcé à abandonner mon cynisme.

ff02Dans cette démo, je plonge dans le rêve de Noctis, le personnage principal. C’est un jeune garçon à la personnalité réservée. Dans son rêve, il est guidé par une petite créature bien connue de la série, Carbuncle, qui l’aide à se faufiler dans les dimensions de ses songes. Quelques scènes de combats, des éléments panoramiques grandioses, un contrôle du temps et de la température, bref, assez de trucs pour me montrer quelle maturité a gagné Square Enix durant ces longues années. J’étais assez ému pour rester sans voix. Surpris de voir que ce jeu était bien réel, que je venais d’effleurer une infime partie d’un univers prometteur.

Cette démo avait une odeur très familière. Tetsuya Normura. On le reconnait si bien au travers de ce petit bout de perfection. Particulièrement dans cette partie du rêve où Noctis est minuscule comme une souris dans une pièce immense. Il y avait, avec cette musique aux violons somptueux, et cette manière de combattre à la Action-RPG, une odeur de Kingdom Hearts impossible à contourner. En fait, j’avais littéralement l’impression de jouer à Kingdom Hearts, bien plus qu’à Final Fantasy… Il y avait une douceur, une tendresse et une volupté qui se partageaient une ambiance intimiste.

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Est venue ensuite cette mini-série. Une addition vraiment surprenante produite par A-1 Pictures. Des dessins absolument magnifiques, de la musique superbement bien faite, un scénario irréprochable. C’était si beau, si prenant. Square Enix est en train d’instaurer un monde persistant, un univers dans lequel ses joueurs pourront vivre une expérience à travers un grand éventail de médias (jeux, films, animés, livres). Ce type d’engagement est pile ce que j’aime par-dessus tout dans les jeux vidéo. J’aime qu’on me fasse vivre une intrigue à tel point que j’ai en adoration les personnages principaux, que je m’approprie leur quête. Pour moi, l’histoire prévaut toujours sur le reste et l’ampleur qu’est en train de prendre Final Fantasy XV me confirme que je me fais un nouvel ami pour les prochaines années.

Je me suis souvenu d’un article, en 2012, qui, soutenu par Yoichi Wada (CEO de Square Enix à l’époque) mentionnait qu’il n’y aurait aucun remake de Final Fantasy VII avant que ce jeu n’ait été surpassé par une création originale. J’avais senti dans cette affirmation, malgré tout ce qu’on sait aujourd’hui, une pression très grande qu’exerçait la nostalgie du genre instauré par Square Enix sur leurs productions. Qu’ils aient connu des déboires et collé le titre de Final fantasy a à peu près n’importe quoi ces dix dernières années, témoignaient d’un vide, d’une dé-maîtrise de leur propre art. Je constate que des efforts au déploiement incalculable ont été faits pour mener Final Fantasy XV au rang des œuvres d’art.  Et, bien que quelques éléments du RPG classique ont été abandonnés, une richesse au-delà des graphiques, mais plutôt naissante dans la profondeur du scénario, fixera ce nouveau jeu comme phare de la série Final Fantasy. Et, si nous avons attendu longtemps après ce quinzième titre, je lui promets un avenir plus long encore et prospère, certainement.

Merci de votre intérêt,
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