Critiques

Critique du jeu Chromagun de Pixel Maniacs

Chromagun est un jeu issu de Pixel Maniacs, une société allemande fondée en 2001 par Benjamin Lochmann. À l’origine, l’entreprise avait comme intérêt principal la conception d’applications mobiles sous l’appellation New Media GmbH. Cette dernière s’est fait connaître avec des applications pour Android et iOS comme Calorie Calculator, Egg Chef, Love Dice etc. Puis, en janvier 2016, elle a ouvert son marché d’exploitation à la confection de jeux de plus grande envergure et changé de nom. Ainsi, en février 2016, est sorti sur Steam le jeu Chromagun, qui sera bientôt suivi par Can’t Drive This d’ici la fin septembre.

Le créneau de Pixel Maniacs est le plaisir en toute simplicité. Chromagun traduit exactement ce concept. Vous interprétez un personnage principal sans visage ou identité définie qui est sélectionné pour suivre une série de tests chez Chromatech, une entreprise spécialisée dans la confection d’un pistolet usant une peinture nucléaire qui permet de peindre à peu près n’importe quelle surface en quelques tirs. Suivant les consignes d’un guide dont vous n’entendrez que le discours sarcastique et ironique à travers un haut-parleur, vous pourrez constater que le Chromagun permet aussi de diriger et de contrôler des droïdes à l’aide du cercle chromatique des couleurs (bleu, rouge, jaune, vert, violet, orange).

Le jeu présente plusieurs niveaux qui prennent la forme d’un puzzle à résoudre. La plupart du temps, pour avancer, vous devrez ouvrir des portes qui ne sont activées que par des droïdes associés par la même couleur. Le défi est de les faire se déplacer avec un effet d’attraction que vous pouvez créer avec le Chromagun en changeant la couleur des murs. Au fil du scénario, les puzzles prendront de l’ampleur, mais s’aiguiseront aussi quant à la difficulté et au temps d’exécution. Des pièges s’activeront et les droïdes deviendront aussi violents. Ainsi, coordination et vitesse seront les meilleurs atouts des joueurs.

La complexité des puzzles s’installe à un bon rythme. Le début du jeu laisse le temps au joueur de comprendre les concepts de base et de se rallier à ses connaissances des couleurs primaires et secondaires. Arrivent ensuite de nouveaux éléments à intégrer dans la résolution des puzzles, comme plusieurs types de droïdes et de pièges. La gradation de la difficulté est bien dosée et, à moins d’être très habitué à ce genre de jeu, vous serez confrontés à l’échec devant des casse-têtes corsés. La réussite d’un niveau n’est pas offerte sur un plateau d’argent et le joueur devra travailler pour être récompensé d’un succès, ce qui provoquera sans doute de la frustration lors d’échecs et de l’extase lors de la réussite des niveaux les plus difficiles.

Malgré ce bon dosage, le joueur devra bien maîtriser son clavier et sa souris quand arriveront les puzzles avec des limites de temps. Le fait de devoir recommencer le même puzzle à plusieurs reprises fait partie intégrale de ce titre et appelle à la patience et à la réflexion du joueur. De plus, le décor épuré et la répétition des motifs et des lieux pourront créer un effet de redondance tant dans l’univers que dans les puzzles en eux-mêmes. Cela dit, au-delà de cette impression se trouvent d’excellents casse-têtes qui donneront un grand sentiment d’accomplissement au joueur.

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Comptez peut-être une durée de vie entre cinq et huit heures, dépendamment de votre manière de raisonner et de compléter ce genre de défis. Tout au long, vous serez accompagné d’un superviseur avec un humour qui vous fera douter de vous-même, mais aussi de la raison réelle de votre présence chez Chromatech. L’histoire proposée est extrêmement simple et ne semble être là que pour excuser l’existence du laboratoire. En somme, vous n’aurez, même à la toute fin du jeu, aucun élément de surprise, ce qui vous laissera amplement le temps de vous concentrer sur l’essentiel du jeu : la résolution des puzzles.

Bien entendu, on ne peut pas s’empêcher de comparer ce jeu à Portal, sorti en 2007 chez Valve Corporation. Avec un design très similaire, autant sur le plan du contenu que du contenant, les amateurs trouveront chez Chromagun un retour aux sources dans les jeux du même genre. Certainement, ce dernier n’excelle pas autant que Portal dans son rendu final, mais cela ne l’empêche pas d’être un bon jeu pour qu’il veut accomplir. Son aspect plus ludique, même s’il n’est pas novateur, lui donne l’argument pour se démarquer.

Bref, Pixel Maniacs atteint son objectif en offrant un bon jeu pour se faire les dents et se creuser les méninges. Chromagun apporte du plaisir et de la gratification en toute simplicité. Bien qu’un scénario plus étoffé et une atmosphère plus élaborée auraient permis de faire disparaître l’impression de répétition dans le format des niveaux, il n’en reste pas moins un titre très abordable pour n’importe quel type de joueur, autant dans le prix que dans le concept général de l’œuvre.

 

Recommandé

Chromagun est un jeu épuré et amusant en toute simplicité.

7.1
Histoire:
6
Présentation:
7
Jouabilité:
8.5
Durée de vie:
7