Critiques

ABZÛ – Le mystère des profondeurs

J’ai entendu parler du jeu vidéo ABZÛ par le biais d’une publicité sur le Playstation Store à propos de la campagne PLAY 2016 de Sony, dont il était l’une des vedettes. Cette promotion visait à mettre en valeur la sortie d’un jeu élaboré par des développeurs indépendants par semaine, et ce, durant quatre semaines consécutives en juillet et en août 2016. ABZÛ est un jeu d’exploration sous-marine développé par Giant Squid, qui était derrière l’excellent Journey, succès auprès des critiques et des joueurs. J’y ai joué sur la PS4.

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HISTOIRE

Le jeu débute en nous montrant le personnage principal, un plongeur humanoïde, à la surface de l’océan, sous un ciel bleu orné de nuages charnus. Dès le départ, le joueur peut décider de plonger afin de commencer l’aventure aquatique. On a droit à très peu d’informations sur la raison de notre exploration. La seule incitation à poursuivre l’histoire est de découvrir le sens de l’existence de notre personnage et la raison pour laquelle il doit explorer cet univers. Sans trop en dévoiler,  on découvre à un moment précis du jeu des fresques mettant le héros en scène. On tente donc par la suite de savoir pourquoi il fait partie de ces illustrations. Mis à part cette quête, l’histoire de ABZÛ est assez épurée. À la fin du voyage, je suis resté sur ma faim avec une finale ambigüe qui n’offre pas la révélation à laquelle je m’attendais tout au long du jeu. J’ai donc été grandement déçu par l’histoire qui manque de profondeur et d’âme. Je suis resté avec le sentiment de ne pas avoir pu aller au bout de cette aventure.

 

PRÉSENTATION

Côté graphisme et esthétique visuelle, c’est exactement là ou ABZÛ excelle. Dès les premières images, on peut constater à quel point Giant Squid a su exploiter le cercle chromatique dans son entièreté. On est carrément ébloui du début à la fin. Je qualifierais donc ce jeu d’expérience visuelle et sensorielle. La flore et la faune aquatiques sont à couper le souffle. Les coraux roses, jaunes, verts et oranges nous étonnent. Les jeux de lumière sont aussi mis à profit avec brio. Lorsqu’on sort d’un passage sous-marin, par exemple d’une grotte, et qu’on aperçoit les rayons de soleil passer à travers l’eau, on ne peut qu’être touché tellement c’est poétique. On sent très bien que chaque partie du jeu pourrait devenir une œuvre picturale. Les diverses espèces de poissons et de requins, les dauphins et les phoques se succèdent section après section. À un certain moment du jeu, on nage côte-à-côte avec un rorqual. J’ai eu des frissons dans le dos en contemplant l’immensité de ce mammifère. L’impression de grandiosité est donc très bien rendue de sorte qu’on se sent extrêmement petit dans ce gigantesque univers. Le design du personnage est très épuré, tout comme celui de Journey, du même développeur. Cela est très intéressant, car un équilibre s’installe entre l’opulence et la générosité de l’univers sous-marin et la simplicité du héros.

 

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JOUABILITÉ

Comme ABZÛ est un jeu qui se déroule sous l’eau, il aurait été très surprenant que la jouabilité ne fasse pas preuve de fluidité. Les contrôles sont très simples, mais extrêmement efficaces. On utilise un seul bouton pour nager ou avancer, le joystick pour contrôler l’orientation du personnage et un autre bouton pour effectuer des actions contextuelles comme activer une porte ou ramasser quelque chose. Cela a pour effet de pratiquement annuler la nécessité d’un tutoriel au début du jeu. On peut plonger directement dans l’aventure. Les mouvements qu’on peut effectuer sont très gracieux; tout se fait en douceur. En majeure partie, le jeu est composé de différentes sections assez vastes pour parfois croire qu’on explore un monde ouvert, ce qui donne un sentiment de liberté omniprésent. Quelques autres sections, que j’ai grandement appréciées, sont en fait des courses avec une trajectoire déterminée. On peut à ce moment contrôler seulement la hauteur du personnage afin de passer dans des bancs de poissons qui procurent une accélération. Les énigmes et les casse-têtes sont réussis, quoique plutôt répétitifs. Plusieurs d’entre eux consistent à activer des mécanismes les uns après les autres, processus qui est répété tout au long du jeu. Une plus grande variété aurait été appréciée.

 

DURÉE DE VIE

Si on est habitué aux créations de Giant Squid, on sait très bien que la durée de vie du jeu n’est pas leur priorité. Le studio désire plutôt offrir des expériences sensorielles à son public. ABZÛ ne fait pas exception. Terminer l’aventure m’a pris environ quatre heures. Il faut prendre en compte que je suis un joueur qui explore énormément et qui prend le temps de faire les choses. Je ne me suis donc pas dépêché de le terminer. Un joueur qui compléterait le jeu hâtivement pourrait très bien le compléter en moins de trois heures. Puisque je me suis procuré le jeu en promotion avec Playstation Plus, je suis satisfait de mon achat. Cependant, à plein prix, je ne peux pas certifier que je me le serais procuré.

 

CONCLUSION

En terminant, je peux affirmer qu’ABZÛ m’a impressionné en raison de son esthétique visuelle. J’ai été charmé et touché du début à la fin. Côté histoire, je suis resté accroché tout au long, mais j’ai été très déçu par la tournure de la finale. J’aurais préféré boucler la boucle et ne pas rester sans réponses. Enfin, je conseille ce jeu aux joueurs désirant vivre une expérience différente de ce à quoi on est habitué dans l’industrie des jeux vidéo, mais peut-être pas à ceux qui désirent vivre une aventure plus étoffée et de plus grande ampleur.

TRÈS BIEN

Un chef d'oeuvre visuel facile d'approche mais disposant d'une histoire non achevée et d'une durée de vie très courte.

7.5
HISTOIRE:
5
PRÉSENTATION:
10
JOUABILITÉ:
9
DURÉE DE VIE:
6